Tante Yvonne: Le spasme de la glotte

 

Tout le monde a eu l’occasion, dans sa vie, « d’avaler de travers », fâcheux moment où la glotte n’accomplit plus correctement son boulot. Lorsque cela devient habituel – inconvénient qui accable plus particulièrement les personnes âgées, voire très âgées, les médecins parlent alors de dysphagie.

Ne pas confondre avec le spasme de la glotte, qui s’installe brutalement : la glotte, dont le libre jeu, au niveau du larynx, commande la fermeture du passage pour l’air, afin, qu’au moment de déglutir, les aliments ne passent pas dans le mauvais tuyau, mais glissent dans l’oesophage au lieu de se tromper de chemin, et tombent dans la trachée, cette glotte se contracte inopportunément et se bloque en position fermée.

 

Pourquoi je vous en parle, ici ?

 

Mais parce que toutes mes petites causeries s’appuient sur « l’expérience vécue » : je ne me permettrais pas d’en parler si je ne m’appuyais que sur le vécu des autres.

 

Je puis vous garantir que ce blocage n’a rien de drôle…Renseignements pris, j’ai donc appris que cela relevait de la spasmophilie, d’un phénomène de tétanie. Dans un moment de particulière nervosité, cela peut vous arriver. Mais non seulement : j’ai remarqué que le phénomène était très favorisé par l’encombrement des voix respiratoires, lié par exemple à un rhume périodique.

 

Alors, cela se passe comment !? Il y a toujours un facteur déclenchant : par exemple un potage avec des brins de persil coupés trop petit, et « chatouillant » au passage. Ou encore des feuilles de radis hâchées et non tamisées ensuite. Ou encore : de la morve trop épaisse qui reste suspendue, non pas entre ciel et terre, mais entre pharynx et larynx (au mauvais endroit). Ou encore, simplement, votre salive que vous  avalez de travers  en dormant (rassurez-vous, cela vous réveille d’un coup!) – ou encore votre salive que vous avalez de travers sous l’effet d’une émotion – ou encore : la clim de votre voiture qui ne vous convient pas…

 

Et hop, le phénomène se déclenche…

 

Votre inspiration se bloque… un ORL m’expliqua un jour que, bien qu’étant du même ordre de contraction que l’asthme des bronches, lesquelles, en se contractant, empêchent l’expiration, le phénomène de  contraction de la glotte empêche, lui,  l’inspiration…Sans importance !? Oh que si – très important, au contraire…car cela permet d’utiliser un truc pour – partiellement –  remédier à l’étouffement…

Ce médecin m’avait rassurée (partiellement), en m’expliquant que, faute de respiration appropriée, le taux de gaz carbonique dans le sang s’élevait, et que ce taux élevé s’opposait à la tétanie…donc, que, l’un dans l’autre, en s’amplifiant, le phénomène se neutralisait en quelque sorte. Et que de flanquer, dans ces cas-là, un sac plastique sur la tête, semblerait plutôt bénéfique.

J’avoue que je n’ai jamais osé essayer, et que mon 1er réflexe est d’ouvrir la fenêtre, dans ces cas-là…

 

Mais je vais vous présenter le film du phénomène, ce sera plus clair :

 

Un peu gloutonne, je viens d’avaler de travers…je continue à petit-déjeûner, inquiète, quand-même, car je sens que, au niveau stratégique, l’irritation se prolonge…fâcheux…cela va-t-il se calmer…pas vraiment…non, pas du tout…je dispose bien de mes super-bonbons à la menthe, lesquels, en général, m’évitent de mourir étouffée, mais à nouveau leur enveloppe de cellophane s’est collé au bonbon lui-même, le stock est bon à jeter, inexploitable. Je fais un bond vers l’évier et son robinet salvateur. Je place ma tête sous l’eau froide, car je commence à suffoquer, la glotte définitivement bloquée en position fermée. Cette eau quasi glacée me fait un bien fou, je sens qu’il se passe quelque chose de bienfaisant dans mon corps, mes cheveux mouillés laissent retomber l’eau froide en pluie sur mes épaules, mais la glotte reste bloquée, encore. Je tremble violemment. Je sais qu’il faut que je me décontracte. Lors d’une leçon de gym, un jour, il y a bien longtemps, ma prof m’avait appris ceci : pour tout mouvement difficile, il faut au préalable et surtout pendant ce mouvement vous décontracter, et, pour ce faire, expirer le plus longtemps et le plus pleinement possible : « soufflez, soufflez, soufflez encore… ».

J’ai retenu la leçon : dans mes poumons, il y a de l’air résiduel. Jeforce l’expiration, lentement, autant que je peux : dans ce sens, la glotte s’entrouvre, et laisse passer. En-même temps, cet air expiré masse, au passage, ce petit organe rebelle. Alors, à bout de souffle, je tente, forcément, et bien involontairement, l’inspiration, tout comme si je me trouvais sous l’eau, en train d’inspirer  l’eau à la place de l’air. Mais c’est de l’air qui rentre. Au travers de cette petite porte, encore à moitié entrouverte, il se produit un bruit de sifflement étrange, qui me rappelle le chant du coq pendant ma coqueluche, dans mon enfance. Je suis encore entre ciel et enfer, vie et mort, sauvée et noyée…de longues secondes, je me sens inspirer, à moitié, pendant que l’air siffle étrangement en empruntant un  passage devenu un peu étroit. Mais passe, néanmoins. Je tremble, involontairement. Mais ça va passer. Heureusement, personne n’est là, pour voir.

 

La première fois où cela m’arriva, j’avais 45 ans. Je ne disposais pas encore de la technique actuelle, alors mon entourage s’affola. On me conduisit aux urgences. Pas encore aussi encombrées qu’aujourd’hui, sinon, bien sûr, je ne serais pas là pour témoigner…

 

Depuis quelques années, on dirait que l’application de l’eau froide sur la tête, doublée de  cette technique d’expiration forcée, m’aide réellement à passer le cap.

 

Souvent, ces crises ? Hm, je n’ai jamais compté. Quelques unes, tous les ans, peut-être. Mais aussi des années de répit…entre temps. Facteurs favorisants ? Comme je l’ai dit déjà : certains aliments, voix respiratoires encombrées, certaines climatisation – mais aussi, situations extérieures engendrant un état d’énervement ou d’excitation particulier…

 

Si une lectrice ou un lecteur veut témoigner, et écrire un commentaire, elle (il) sera le bienvenu(e).

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s