Les particules fines…Que penser de la laine de roche?

Par Marthe Humbert.

 

Ce que l’on nomme « particules fines » : toutes les particules en suspension dans l’air que nous respirons, trop « légères » pour se déposer au sol de suite après leur formation. L’on conçoit qu’un grain de poussière se déposera au sol d’autant plus vite qu’il est « lourd ». Lourd pour le volume qu’il occupe. En physique, on dira qu’il est « dense ». Ainsi, une « grosse » particule d’argile pourra être moins dense qu’une plus petite particule de fer, par exemple. Cette « grosse » particule pourra, selon sa grosseur, atteindre un poids supérieur à celui de la plus petite particule de fer, et néanmoins rester en suspension plus longtemps, en fonction de sa densité plus faible…De même qu’un flocon de neige, plus gros qu’un tout petit grain de sable, et possiblement plus lourd, a toutes les chances de rester en suspension plus longtemps que le tout petit grain, possiblement plus léger, mais plus dense, lequel grain, porté par les vents, pourra possiblement arriver en France en partant de dunes africaines, après un long voyage…

 

« Lourdeur », de même que «  légèreté », dans notre inconscient, sont plus ou moins synonymes de « poids important », ou « peu important ». MAIS ces termes font surtout référence, sans que l’on en soit très conscient non plus, à la densité, ou, pour être plus rigoureux, à « la masse volumique », c’est à dire en comparant une masse à une unité de volume : tant de Kg par litres, de tonnes par mètre cube, etc…

 

Il ne nous viendrait pas à l’idée de dire :

un lourd sac de plumes…Or s’il est assez gros, viendra un moment où il sera si lourd que l’on ne pourra plus le porter à dos d’homme. De même qu’il nous viendra bien à l’idée de dire : « une lourde bille de métal », alors que nous aurons toutes les facilités de la transporter dans notre poche, sans fatigue, à l’inverse des  coussins que nous avons achetés d’un coup à l’hypermarché, dont le poids total excède de beaucoup celui de la bille, mais que nous qualifierons de « légers ».

 

Il convient donc bien de se représenter un poids par rapport au volume qu’il occupe. Si l’enfant porte 2 ballons tous deux gonflés d’un même gaz, celui qui montera le plus haut sera celui qui aura au même endroit, pendant le même moment, été davantage exposé au soleil : il sera devenu plus chaud, donc plus gros, donc moins dense.

 

A propos des particules en suspension, on les nomme « fines », car, forcément, elles restent soit invisibles pour notre œil imparfait, soit à la limite du visible, en ce qui concerne chacune d’elles. Par contre, elles vont être visibles sous forme de fumées, brouillards, brumes, selon qu’elles vont contenir du carbone (suies…) ou encore des gouttes d’eau de tailles différentes s’étant condensées sur des particules fines solides, et faisant obstacle au trajet des rayons lumineux parvenant à notre œil.Ex :

nappes de brouillards flottant au sol, en fait synonymes de nuages.

 

Leur nature est fort variable…Elles sont soit d’origine naturelle, minérales, végétales, inertes ou vivantes : poussières de volcan, météorites, fumerolles, fumées d’incendies, embrun salés,  grains de pollen, semences, particules cornées de plumes -bactéries – virus…etc.etc. Soit elles sont d’origine humaine : gaz d’échappement, fumée du tabac, particules issues de l’usure des freins d’automobile et de l’usure des pneus, déchets industriels rejetés par les cheminées d’usine, de nature très diverse, poussières produites par les chantiers de constructions, les travaux du BTP, l’exploitation des carrières et mines. Et même…l’on ne s’y attend pas : particules de fibres de tissus faits de matière naturelle ou artificielle ou synthétique, dans un grand magasin, où l’on y découpe les tissus. Ou encore : particules dans une fabrique de tissage, ou dans un silo à grain, dans une minoterie, dans un atelier de menuiserie. A l’époque où l’utilisation de l’amiante n’était pas interdite, les particules issues de la manipulation professionnelle du produit firent les dégats que l’on sait. Mais actuellement le déflocage est loin d’être totalement inoffensif !

 

L’organisme de l’homme, autant que celui de l’animal, peu survivre dans un air pollué…jusqu’à certaines limites. L’air totalement pur se retrouvera d’autant plus que l’on va monter en altitude, avec, toutefois, parallèlement, une raréfaction des molécules d’oxygène et d’azote qui le constituent, puisqu’elles aussi pèsent un certain poids, ce qui va nécessiter une « adaptation à l’altitude » avant que de songer à conquérir les sommets. (Je fais abstraction de certains gaz, produit par l’homme, tels que fréon, se concentrant dans la haute atmosphère, et nous polluant d’une autre façon…ce ne sont pas des « particules » au sens où je l’entend ici.)

 

Cet air, plus ou moins pollué que nous respirons, en plaine surtout , et en montagne aussi, lors d’éruption volcaniques, va agir sur notre santé en fonction de plusieurs critères ;

 

  • son degré de pollution (nombre de particules par mètres cube d’air(m3), ou centimètres cubes(cm3) ou mm3, etc.etc.
  • La toxicité des particules, comprendre leur potentiel d’agression sur le vivant.

 

Or ce potentiel d’agression va dépendre de ses « qualités physico-chimiques ». Terme déroutant pour ceux qui n’ont « pas trop l’habitude », mais qui se traduit pourtant très facilement ainsi :

 

Un grain de sable est formé par l’érosion du quartz présent dans beaucoup de roches. C’est un matériau naturel très dur (qualité physique), qui, de ce fait, aura donc plus tendance de rayer un matériau moins dur que de se laisser rayer. Il est formé chimiquement de silice, soit d’oxyde de silicium, qui, justement, lui confère sa dureté, mais lui confère aussi son inaltérabilité chimique : l’oxyde de silicium restera ce qu’il est, sa nature ne changera pas, alors que le fer va, lui, s’altérer et former de la rouille.

Un exemple, à partir de là : celui des mineurs de fond extrayant le charbon, ou autres minerais, pour illustrer le rapport entre l’organisme et le « physico-chimique :

 

Dans l’organisme, la silice, pas seulement présente dans le sable, mais aussi, au départ, dans les roches d’origine, pénètre dans les poumons des mineurs sous forme de poussières (particules) qui seront d’abord retenues par le mucus et les cils des fosses nasales. Celles qui auront dépassé ce 1er barrage (il y en aura forcément…) pénétreront dans les bronches, où, là encore, elles seront retenues par le mucus et rejetées par les cils vibratoires qui les feront remonter à l’instar d’un tapis roulant. Elles seront ensuite expectorées dans le mucus collant, formé par notre corps pour la circonstance.. Mais une partie, à la longue, finira par encombrer les alvéoles pulmonaires, à la paroi fragile et fine, lesquelles représentent une interface entre le milieu intérieur et le milieu extérieur.. Et là, les globules blancs vont essayer de les éliminer. Il n’est pas interdit de penser que les macrophages  vont les englober, et se « suicider » pour les rejeter dans le milieu extérieur, mais les faits prouvent surtout qu’à la longue de plus en plus d’alvéoles se sclérosent définitivement, et perdent leur fonctionnalité. L’appareil respiratoire perd de plus en plus l’aptitude à jouer son rôle. Le mineur est alors atteint d’une maladie incurable, la « silicose ».

 

En cas de « fumée de tabac », existeront à la fois des particules de carbone sous forme de suie, des cendres de combustion de nature complexe, et de très nombreux produit volatils sous forme  de goutelettes microscopiques contenant nicotine, hydrocarbures, métaux lourds et gaz divers, sans oublier le mortel monoxyde de carbone. Pourquoi le fumeur n’en meure-t-il pas !? Tout est une question de doses. Ici, à la place de la silice, nous avons d’autres produits, dont énormément sont hautement cancérigènes (on dit encore cancérogènes…). L’inhalation de fumée du tabac n’est pas « possiblement cancérigène ». Elle est « absolument cancérigène ». Une partie de ces produits (mais sûrement pas le monoxyde de carbone, hautement toxique, qui pénètre directement dans le corps sous forme de gaz au travers des alvéoles) une partie donc est éliminée par les macrophages, éboueurs naturels travaillant nuit jour à maintenir l’organisme en état…). Ils vont être évacués vers le haut sous forme de mucus jaunâtre, parfois carrément brunâtre.

L’appareil bronchique va développer à la longue une bronchite chronique, avec crachats épais au réveil, qui aboutira forcément à une BCO = bronchite chronique obstructive, avec épaississement de la paroi des alvéoles par l’accumulation de produits non éliminés. Ces alvéoles perdront alors à la longue leur élasticité, donc leur bonne fonctionnalité, même en cas d’absence du cancer. Toutefois, cette BCO, encore appelée emphysème dans son stade final, ne peut, elle, être enlevée, comme on enlèverait une tumeur cancéreuse. Il faudrait enlever le poumon en entier ! Ne pas en conclure qu’il vaut mieux souffrir du cancer plutôt que d’emphysème…Car, un : on a de toutes façons pas le choix entre l’un et l’autre. Deux : si la tumeur cancéreuse est opérable le plus souvent, on n’a pas vraiment la maîtrise des métastases déjà présentes lors du diagnostic du cancer…

Naturellement le fumeur passif, qui subit la fumée des autres pendant des années, ne manque pas, lui non plus, d’être exposé…

 

 

 

Dans notre région de Thionville, le projet actuel de la fabrication de laine de roche, à partir de la lave de basalte, peut très bien poser le problème de la nocivité des fibres, dont il convient d’étudier la toxicité en fonction du diamètre, de la longueur, et de la persistance, dans le milieu ambiant, et dans l’organisme…

Les particules fines sont classées en fonction de leur diamètre, qui s’exprimera en micromètres.

(le micromètre représente un millionième de mètre, soit un millième de millimètre. Il s’écrit µm.)

Plus petite est la particule, plus elle peut pénétrer dans l’organisme…et y séjourner, donc, si elle est indestructible.

 

Les particules formées de fibres sont plus dangereuses, tout autre facteur égal, que celles se rapprochant de la sphère. On le comprend facilement : l’une des extrémités, vu son diamètre microscopique, va carrément perforer la cellule animale fragile. Mais la fibre va « l’embrocher ». Nos macrophages, capables de « manger », c.à d. de phagocyter nos microscopiques parasites, en les entourant, puis les digérant, ne pourront pas les éliminer, ni en les digérant, ni non plus en se « suicidant », et en les jetant hors de l’organisme sous forme de pus, car ils s’embrochent eux-mêmes, dès lors, sur une fibre dont la longueur les dépasse largement, toutes proportions gardées. D’où le côté particulièrement pervers des fibres…

 

Plus une fibre va présenter une extrémité acérée, plus elle sera pénétrante : les orties présentent de microscopiques aiguilles de silice qui vont pénétrer sous la peau, grâce à la dureté de leur pointe, et y provoquer ce que l’on sait…

La nature chimique va bien sûr aussi jouer un rôle. Si la fibre est biodégradable rapidement, il n’y aura pas trop de problèmes. Cela va être le cas si elle est soluble dans les liquides corporels.

 

Une variété de fibres, produite industriellement à grande échelle, est la fibre céramique, reconnue comme cancérogène, même en France. Pourquoi « même » ? Car comparée à d’autres pays, dont l’Allemagne, la France est frileuse par rapport à la reconnaissance de risques qu’elle essaye de minimiser, de ne pas trop mettre en lumière, etc…

 

Ainsi, si je me réfère à un texte écrit enaoût 1998par

 

Henri PEZERAT

toxicologue, directeur de recherche honoraire au CNRS

10, rue du Commandant Jean Duhail

94120 FONTENAY SOUS BOIS

 

il existerait 3 « laines » :

 

La laine de roche

La laine de verre

La laine de laitier.

Voici à leur propos ce qu’en dit l’auteur, dans la conclusion écrite d’une série d’études qui est publié sur un site que je citerai au final en référence :

 

 

«
En première conclusion, et sur la seule base des données de l’épidémiologie et surtout des expérimentations animales, on est en droit de considérer au niveau des effets sur l’homme :

  • que la laine de roche est très probablement un agent fibrosant et un cancérogène du poumon ;
  • que très probablement la laine de verre a présenté et peut encore présenter les mêmes propriétés fibrosantes et cancérogènes, mais notablement atténuées par rapport à celles de la laine de roche ;
  • que la laine de laitier n’est probablement au niveau pulmonaire ni cancérogène, ni fibrosante. « 

On distingue, en effet , deux formes différentes d’atteintes de l’appareil respiratoire, à ce propos, chez l’homme :

Le cancer du poumon, concernant les cellules formant le poumon.  Mais il peut y avoir également envahissement de la plèvre par les particules qui vont s’y agglutiner, après avoir émigré depuis les alvéoles, perforant deci-delà les tissus, sur leur passage. Il se formera alors une fibrose, qui pourra dégénérer en cancer.

 

Je conseille vivement de se reporter au site abritant cet extrait, cité plus haut. Ce site est mentionné ci-dessous. L’on y réalise, en effet, que le problème des fibres est loin de n’être apparu qu’au 21è siècle, mais qu’il a été étudié, trituré, certainement plus ou moins occulté en fonction d’intérêts financiers, déjà bien avant la fin du siècle dernier. On y comprend que l’auteur s’est battu vivement contre une certaine mollesse et inertie volontaire des pouvoirs publics, sous la pression des industriels, et l’on ressent son agacement et parfois même sa révolte. J’ai personnellement beaucoup appris à le lire :

 

http://andeva.free.fr/materiau/fibres_substitution_hp.htm

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s