L’articulation de la hanche, structure et rôle, par Marthe Humbert

La hanche s’articule sur le bassin grâce au fémurqui vient s’insérer dans une confortable cavité del’os iliaquedu bassin appelée cotyle.

Ainsi insérée, la tête du fémur a peu de chances de se déboîter, à l’inverse de l’articulation de l’épaule laquelle perd en solidité ce qu’elle gagne en mobilité…

LE BASSIN : structure et rôle :

 

Une charnière particulièrement solide entre le tronc et les jambes est constituée par le bassin,en forme decuvette.Il soutient nos organes internes, et est formé d’un ensemble d’os soudés constituant cette cuvette, capable, néanmoins, de s’élargir un peu en cas de grossesse. On pourrait aussi le comparer à un entonnoir, avec une ouverture, donc, dans la partie basse . De la grandeur de cette ouverture va dépendre la facilité de passage de la tête du bébé lors de l’accouchement. On conçoit donc bien que le bassin soit susceptible, surtout dans la région pelvienne, de s’élargir, lors des grossesses…

Les 3 os principaux de ce bassin, par leur volume et leur rôle, sont les 2 os iliaques,soudés par ligaments ausacrum, lequel termine la colonne vertébrale, et prend la suite des vertèbres lombaires.

On constatera que la  colonne devient de plus en plus massive en descendant, logique, puisque nos vertèbres, ainsi que le sacrum constitué de la soudure de vertèbres ainsi transformées, ont, dans la position verticale, un poids croissant à soutenir.

 

On constate d’ailleurs que ce sont les vertèbres lombaires les plus exposées au poids, en particulier la dernière (5è), avec, statistiquement, des risques accrus d ‘écrasement de disques (coussinets amortisseurs), et compression des nerfs, dont les nerfs cruraux et sciatiques.

 

Le coccyx, supposé le reste d’une queue  que nos ancêtres auraient possédée, ne sert semble-t-il surtout qu’à nous embêter beaucoup en cas de fracture… Mais ne nous y trompons pas : il reste utile pour une station assise plus confortable, et plusieurs petits muscles renforçateurs viennent s’y fixer.

 

Dans chacun des 2 os iliaques une cavité arrondie (le cotyle) tapissée de cartilage va jouer un rôle fondamental, formant avec la tête du fémur l’articulation de notre hanche (voir schéma 1.

 

LE FEMUR, structure et rôle : voir schéma ci-dessous)

Dans ce bassin solide vont s’ancrer nos deux fémurs, plus précisément par leur tête sphérique, laquelle va pivoter dans une cavité suffisamment creuse (le cotyle, comme déjà dit), pour garantir une bonne stabilité. Naturellement cette articulation va comprendre toutes les parties utiles au libre jeu de nos mouvements

Le fémur est l’os le plus long chez l’homme. Au niveau du genou, il s’articule avec le tibia. Un seul fémur est normalement capable de supporter tout le poids du corps A chaque pas, ce poids oscille, de droite à gauche. Au repos, ce poids est souvent porté par les deux jambes, mais, en fait, il est bon, là aussi, de s’exercer à transférer le poids en alternance, de droite à gauche. La force de la jambe va se mesurer à la grandeur des pas effectués. Le rôle de ce fémur est celui d’une ample rotation au niveau hanche (voir plus loin), et celui d’une simple flexion-extension au niveau genou, où l’articulation dans un seul plan de l’espace est assez étroitement verrouillée, y gagnant ainsi en stabilité.

 

L’ARTICULATION DE LA HANCHE : schéma bassin-hanche  et suivants.

Structure :

 

On pourrait comparer à un roulement à bille…encore que ce soit l’homme qui ait, là, copié la nature, et pas l’inverse !!

A savoir : boîte rigide empêchant la sortie de billes qui ont la mission de pivoter dans n’importe quel sens, et ainsi de permettre le mouvement renouvelé de parties métalliques (ou plastiques…) Naturellement, pour empêcher l’usure, les billes tournent, entourées de graisse minérale pâteuse.

Dans une articulation mobile, nous avons au moins deux parties qui s’articulent l’une sur l’autre, en glissant, grâce à une huile organique, la synovie, contenue dans un sac plaqué, à demeure, contre la ou les parties stratégiques de l’articulation. Mais nous disposons aussi d’une zone, naturellement glissante, et relativement résistante : le cartilage articulaire. Pour que l’ensemble tienne bien en place, à l’instar d’un roulement à billes, aux glissières fixes, notre articulation  dispose d’un ensemble de ligaments qui sont assez souples et glissants pour permettre le jeu articulaire sans « râclements », et assez solides pour maintenir le tout en bonne place, malgré des tractions et torsions parfois considérables, que ce soit par mouvements volontaires ou accidentels.

 

Le cotyle creusé dans le bassin, capitonné de cartilage glissant, sert donc d’abri à ce roulement à bille constitué de la tête du fémur, elle même capitonnée de cartilage lisse et glissant, et de son sac synovial huileux et huilant, maintenu en bonne place par de solides ligaments permettant flexions-extensions, rotations, mais pas déplacements « hors-cavité », dans des conditions normales.

 

Cela constitue un ensemble passif qui sera activé par un ensemble de muscles puissants.

 

Rôle et mouvements possibles.

une articulation peut ne bouger que dans un plan de l’espace : il s’agit alors d’un mouvement de flexion, et de son inverse : l’extension – ou bien il peut bouger dans un  cône plus ou moins large ou étroit.

Ainsi un chapeau pointu permettra une amplitude de rotation bien plus faible qu’un chapeau écrasé de japonais ! : voyez schémas. Ce genre de cône va s’évaluer en stéradians au lieu de degrés, abrégé sr : si un angle dans un plan fait 90 ° dans un cône déterminé par ce plan en rotation sur un axe, nous aurons 90 ° dans tous les plans passant par cet axe.

 

(Ces mouvements seront encore dénommés d’adduction ou d’abduction, en fonction du rapprochement ou de l’éloignement au tronc.)L’articulation de la hanche possède une grande amplitude de flexion et de rotation, elle se place en position n° 2, donc directement après celle de l’épaule, en la matière Voyez schémas… L’éducation et la pratique sportive vont évidemment encore améliorer ces possibilités de mouvements, et il est vivement conseillé à tous et toutes de bouger au maximum dans ce but d’entretenir une mécanique qui gagnera ainsi en souplesse, ou, au moins, rétrogradera ainsi le moins possible avec l’âge.

Nos mouvements les plus usités dans ce cadre sont ceux liés à nos déplacements (marcher, courir…).La hanche n’est pas la seule articulation  intervenant à ce niveau, puisque cuisse + jambe + pied forment 3 segments pouvant se plier et se détendre à l’instar d’un ressort. Le rôle du pied est fondamental pour l’amortissement des chocs (voyez schéma de la marche).

Si à quelque niveau que ce soit de la jambe une articulation est défectueuse, il va s’en suivre un handicap qui, s’il n’est réparé, va entraîner non seulement souffrance mais aussi dégradation en chaîne avec risque de perte d’autonomie physique importante.

Pour plus de précisions sur les possibilités de mouvements :

Ainsi l’articulation bras – avant-bras, au niveau du coude, ne peut bouger QUE dans un seul

plan (donc flexion-extension). Juste de haut en-bas…Plaquez vos coudes contre vos côtes, avant-bras repliés à angle droit avec vos bras, et vous constaterez qu’en écartant vos mains

l’une de l’autre, votre amplitude n’est pas très grande, et rendue seulement possible    en pivotant au niveau de l’épaule, mais pas au niveau des coudes.

 

Au niveau de la hanche, pour faire simple :

  • une personne entraînée à la danse classique et donc au grand-écart pourra faire pivoter dans un cône très large, dépassant les 180 ° dans CERTAINS plans de

l’espace

un footballeur entraîné  pourra pivoter dans un cône encore très large, disons

entre 140 à 160 ° dans certains plans de l’espace.

  • Une personne ordinaire pourra pivoter dans un cône plus restreint, pouvant atteindre au maximum 90 ° dans certains plans.
  • Une personne capable de marcher, mais « rouillée », ou abîmée par l’âge sera

heureuse de conserver 45 ° de mobilité dans certains plans de l’espace.

L’arthrose de la hanche

 

Les personnes qui ont beaucoup travaillé sur des machines à coudre savent que leur

mécanisme n’est pas éternel : si celles de nos grands-mères sont encore en fonction, grâce à leurs pièces massives et leurs roulements en acier spécial, celles actuelles, malgré la sophistication de programmes ambitieux (nombreux points machine différents, broderies, etc.) ont une durée de vie très limitée, dépendant bien sûr du nombre d’heure d’utilisation, du graissage périodique, et, hélas, de la fragilité d’un matériel utilisé, en soi : certaines matières synthétiques.

Dès lors, nos machines actuelles vont souffrir d’arthrose, elles aussi !: les surfaces de glissement ne seront plus lisses : elles vont accrocher, en fonction de l’usure, elles-mêmes fonction de l’utilisation, et d’un mauvais graissage.

Notre corps, heureusement, peut se réparer. Mais si la réparation est moins rapide que l’usure, naturellement, nous allons souffrir de cette détérioration du cartilage, devenant râpeux : c’est l’arthrose. Elle atteint toute articulation vieillissante. Celle-ci, en bougeant, en favorise le bon entretien par le corps : immobile, l’articulation perdra sa souplesse. Mais trop, et trop longtemps mobile, elle dépassera largement les facultés de réparation de notre corps et nous exposera à des suites fâcheuses.

Pourquoi tout le monde n’a-t-il pas mal au même degré, pour un même mouvement, avec un même degré d’usure cartilagineuse (donc d’arthrose) ?

L’arthrose peut provoquer un état inflammatoire des zones environnantes. C’est cette inflammation qui va provoquer la douleur. Donc les possibilités restreintes de mouvements.

Donc le cycle vicieux suivant :

 

arthrose + mouvement > inflammation > douleur > mouvement restreint > perte de fonction progressive> absence de récupération possible de l’articulation de plus en plus accentuée.

 

Pourquoi pas tout le monde à la même enseigne ? : Si l’arthrose n’est pas inflammatoire, elle ne provoque pas de douleurs. Certaines personnes, dès lors, bien qu’arthrosiques, compte tenu de leur âge, n’en souffrent pas, et dès lors ont la chance de rester très mobiles à un âge avancé. (Nous ne sommes pas égaux p.rapport à la santé…) : dès lors il se produit un cycle vertueux : absence de souffrance > bonne mobilité > bon entretien naturel de l’articulation > etc.

Au niveau de la jambe, l’arthrose invalidante de la hanche se produit moins souvent que celle du genou. Néanmoins quand l’infirmité provoque de trop fortes et fréquentes douleurs, il conviendra de songer à une prothèse. Depuis plus d’un demi siècle, les techniques et matériaux ont merveilleusement évoluées.

Santé-OK envisage de publier, fin avril- début mai, une enquête-vidéo, à ce propos.


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